au delà des dunes, hurlements

Résumé complet

Pour en finir avec les drames, voici venir la mort de mon oncle. Un ancien vétéran sentant sa mort prochaine fit venir son neveu, lui parla sans témoins et tels furent ses aveux :
« Il n’y a jamais eu de trésor à la source sèche. C’est nous qui avons inventé cette histoire, moi et le manchot, en entraînant Zoulikha dans cette histoire, nous savons qu’elle croyait dur comme fer aux enfants nés Zouhris (ceux dont la paume est traversée de part en part par un trait). le manchot et moi, on a voulu faire d’une pierre deux coups, en se débarrassant de cet enfant maudit, et pouvoir ensuite récupérer les Klashs et les chargeurs. Malheureusement, les choses ont mal tourné, Zoulikha n’est jamais revenue de cet endroit, autant que ses deux sorciers. Le manchot et moi, on est allés à la maison des Quaswars, en l’absence de son propriétaire évidemment « aïe… ah ».

Il retenait difficilement sa douleur, il avait un cancer au foie, il m’a parlé de ça une fois :

« le sous-sol, tu dois connaître ! »

Je lui ai répondu silencieusement par l’affirmatif en hochant ma tête.

« N’y va pas, mon fils. Si tu continues à le voir, tu seras son complice ou il en fera de toi un sacrifice. Ni ces malencontreux sorciers ont mis la main sur ce trésor ni moi et le manchot avons trouvé ce que nous cherchions dans ce trou à rats. Mon copain ne voulait pas quitter ces lieux sans savoir d’où venait cette odeur de cadavres, il était plus futé que moi. Sous le grand cercueil, il découvrit une trappe. En la soulevant, des chauves-souris nous ont assaillis en plein visage et si nous n’avions pas nos pistolets, on ne serait pas tiré d’affaire. En tirant plusieurs coups en l’air, les chauves-souris se sont volatilisées. Cette fausse est grande et elle doit sûrement aboutir quelque part, il y avait deux cadavres à l’intérieur, pieds enchaînés, ou plutôt ce qu’il en restait… oh mon dieu… j’’te raconte pas la scène, les asticots qui rongeaient la chair… leurs visages étaient… Oh, mon Dieu… malgré toute cette atrocité, c’est moi qui suis descendu en premier. Je voulais absolument trouver ces armes et ils étaient là. En faisant encore quelques pas, j’ai bien vu les armes avec ma torche, et il y avait un troisième cadavre enchaîné entre les deux Klash… Il n’avait pas de visage. Son képi couvrait la moitié de son crâne et ses galons sont restés intacts durant toutes ces années. J’ai tout de suite su que c’était le squelette en uniforme du capitaine de la gendarmerie qui a voulu s’approprier un terrain adjacent à Albert Quaswar… on aurait dit qu’il posait pour une prise de photo, le pauvre. Assis, les jambes allongées entrent deux Kalachnikovs, entre deux armes debout cross en bas contre la paroi rocheuse de cette taverne… Oui, ça doit être l’entrée d’une cave à vin, mais je ne suis pas allé très loin…
Sans parler, je répondais toujours oui en hochant ma tête. Mon oncle a sûrement du remarqué qu’il y a tout juste quelques vignes à l’intérieur de la villa, mais dans le terrain mitoyen, partout, il y en avait que ça, il y en avait même quelques-unes plantées en remontant la colline. C’est ce qui a sans doute suscité la convoitise de ce malheureux gendarme. Au fait, Nadir et moi, on est descendus plus d’une fois dans cette cave à vin par une porte bien distincte située à l’intérieur de la grande salle. À l’intérieur de la cave, il y’a des cageots en bois remplis de bouteilles vides et puis ça devient plus étroit avec des étagères en bois sur lesquelles étaient rangées des bouteilles remplies cette fois. À mon avis, j’ai tout le temps cru savoir que ces bouteilles sont la seule chose qui nous ait interdites dans cette maison.

Revenant aux dernières paroles du défunt :
« …un coup de feu vient d’être tiré à l’extérieur… c’était le penguin… heureusement que je suis sorti juste à temps. Je l’ai vu transpercé par une barre de fer à bout assez pointue et complètement rouillé. Oui… c’était une des barres de fer du grillage qui entourait la maison, qu’on a dû arracher. Ces barres n’ont pas été repeintes depuis la mort des parents Quaswars. Elle lui a pénétré par l’arrière du cou, et la lame pointue lui est ressortie par le gosier, elle n’était pas lancée de loin. Quand il s’est écroulé devant moi, un homme était derrière lui, il tenait l’autre bout de la lance dans ses mains. Au début, j’ai cru que c’était Maurice. Quandje lui ai tiré deux balles en plein dans la poitrine, il était toujours là, debout comme si de rien n’était, il n’a pas voulu lâcher cette lance. Il me regardait froidement dans les yeux, j’avais tiré mes deux dernières balles… tac….plus de balles, ça veut dire que j’étais cuit fiston. Puis, j’ai carrément fui….Oui fiston… ton valeureux combattant d’antan, a pris la tangente devant cette créature… Maurice ou quelqu’un d’autre, ce fou est d’autant plus dangereux que son maître. Aïe… ah… »
C’était évident qu’il était accablé de douleur.

«…. N’y va pas mon fils, tu finiras par être son complice… ou il en fera de toi un sacrifice… » Telles furent ses dernières recommandations avant de quitter ce monde.

Repose en paix mon oncle, et merci de m’avoir filé ce tuyau. Les deux premiers cadavres rangés par les asticots ne peuvent être que l’œuvre d’Alain. Concernant ta recommandation, moi, il y’a longtemps que j’ai choisi la première option. Oui, être complice, je ne voudrais pas finir comme Zoulikha. Il vaut mieux être loup qu’être un agneau.

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